• mercredi 28 juin • 20H30
    THÉÂTRE ST-LOUIS À CHOLET

HYACINTHE ET ROSE

De François Morel

Avec François Morel et Antoine Sahler

Scénographie de Édouard Laug

Lumières par Alain Paradis

 

festival-d-anjou-2017-programmation-spectacle-18
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EXTRAIT

C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe et Rose, Rose et Hyacinthe. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belotte et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de Mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… Á table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps. Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer. Moi, j’étais un de ces neuf. Mon enfance est remplie de vaches, de bouses, de rivières, de chênes séculaires de toiles cirées, de cidres bouchés, de poules dans les cours, de pots de confitures sur les armoires. Et d’hortensias bleus. Et de camélias blancs. Et de rouges coquelicots. Et de tulipes multicolores. Parce que le seul sujet qui réunissait notre mémère abondante et notre rouge papy, c’était l’amour des fleurs.
Tous les souvenirs, toutes les sensations, toute la connaissance, toutes les émotions que je garde de mes grands-parents sont liés aux fleurs. Toutes mes pensées… »

CE QU’EN DIT LA PRESSE

« Cette parenthèse enchantée de tendresse et de drôlerie, qui nous console de la fureur du monde, fera le bonheur des fans de Morel. »
Le Monde Blog

« Merveilleux Morel, dont la tendresse nous dédommage d’une époque haineuse. » L’Obs

« C’est un bijou de poésie, de finesse et d’humour contée par un enfant qui, au fil des pétales, remonte le temps. » Le Figaro Magazine

« Morel nous offre une heure de bonheur et cela ne se refuse pas.» Pariscope

À PROPOS DU SPECTACLE… PAR FRANÇOIS MOREL

« Un jour, Martin Jarrie, peintre, illustrateur m’a fait visiter son atelier. Sur les murs, étaient exposés des grands portraits de fleurs. Pour les accompagner dans un livre, j’ai écrit un texte. L’histoire d’un petit parisien venant chez ses grands-parents chaque été. Le grand-père s’appelle Hyacinthe, il est coco. La grand-mère s’appelle Rose elle est catho. Ils ne sont d’accord sur rien mais l’amour des fleurs les réunit. Je me suis souvenu, j’ai inventé, je me suis amusé. J’ai tenté d’associer chaque fleur à un souvenir d’enfance. A l’occasion de lectures publiques, j’ai remarqué que cette enfance pour partie imaginaire, trouvait des échos chez de nombreux auditeurs, surpris que leur propre histoire, un peu condensée, un peu déplacée, comme dans des rêves, puisse être racontée et même susciter un intérêt ému, réjouissant.

J’ai eu envie de renouveler et d’améliorer l’expérience. J’ai demandé au musicien Antoine Sahler de s’interroger avec moi sur l’avenir des fleurs. J’ai demandé au scénographe Edouard Laug de photographier des ciels, de fixer des cieux, ceux que l’on regarde pour prévoir le temps qu’il va faire, ceux que l’on observe pour s’interroger sur notre présence terrestre. »
François Morel