• vendredi 23 juin • 19H00
    GRAND THÉÂTRE D'ANGERS

AUTOMNE ET HIVER

De Lars Norèn

Texte français de Jean-Louis Jacopin, Per Nygren et Marie de la Roche

Mise en scène de Aude Le Jeune, Clémence Solignac et Charles Lemâle

Regard extérieur Guillaume Gatteau

Costumes par Jennifer Ducrot

Lumières par Simon Rutten

Scénographie régie plateau par François Villain

Création sonore par Laurent Audouin

Graphisme et facilitation du travail collectif Antoine Huchin

Stagiare Roxane Argouin

Photographes Anne-Cécile & Sebastien Ménard-Trotreau

LA PIÈCE

Un huis clos dans une maison de verre. Ann, Ewa et leurs parents, Henrik et Margareta, se réunissent comme à leur habitude, pour un repas familial où tout semble banal et ordinaire… Ann trébuche sur leur confort habituel et déclenche un orage de maux qui réclament que chacun joue carte sur table. Elle chasse la pudeur et l’ennui, et tous boivent, pour avaler plus facilement les pilules ou pour
s’engager sur des terrains dissimulés. Les langues dérapent. On ressasse, on reproche, on se justifie et on ne s’écoute pas… C’est une montée des eaux sous le ciel suédois. Quatre personnages en quête de reconnaissance pour continuer à exister. Un huis-clos sous tension où chacun cherche sa vérité, avant que celle-ci ne se fige, ne se glace, ne soit gravée à jamais dans leurs mémoires. Sous le regard implacable du temps qui passe et de la mort qui arrive, les mots s’abattent comme les feuilles d’automne tombent et s’imprègnent sur le sol d’hiver. Automne et hiver.

CE QU’EN DIT LA PRESSE

« A souligner la précision du jeu des comédiens, faisant écho à la précision du texte, l’inventivité et la justesse de leur mise en scène, collective, la beauté de la scénographie et des lumières et la subtilité de la nappe sonore. Bref, du très beau travail. » Ouest France

« Le texte est ciselé. Les acteurs convaincants. » Courrier de l’Ouest

NOTE D’INTENTION

« Les rapports humains, ce qu’ils ont de profondément complexes et sensibles, sont le noyau de notre travail.
L’humain :
À l’exemple de notre rencontre, il y a dix ans…
À l’exemple de nos expériences collectives franchies…
À l’exemple de la famille théâtrale que nous sommes devenus !
La famille, celle dont on hérite et celle qu’on se construit. « Automne et Hiver », est le deuxième volet que l’on ouvre sur cet univers : celui de la famille. Notre rencontre avec cette oeuvre a été un événement fort, une évidence, une adhésion totale et flagrante, une certitude partagée. Une gifle ! Un choc ! Une saveur amère dans chaque mot prononcé ! Un malaise flottant dans l’air, comme un vent glacial qui éreinte tous nos membres ! Une famille comme portrait de notre société. Société bancale à force d’inégalité et d’artifice. Une famille comme lieu de débat intime, de point de vue divergent et d’incompréhension tenace. Quoi dire, que dire et comment le dire. Comment réclamer des réponses aux questions qui datent de l’enfance quand désormais on est en âge adulte. Devrait-on tout garder en soi et exhiber le présentable… Alors restent enfouis nos désirs inavoués, nos mensonges consentis, nos frustrations terrées et nos décisions scrupuleuses.

Nous sentons aujourd’hui que parler de ces gens, c’est vouloir s’interroger sur le fil flamboyant de nos vies, de nos passions, de nos choix. C’est cette lutte sensible et maladroite que nous voulons mettre au plateau, à nu. La langue, comme de la dentelle, sonde les sentiments avec finesse et précision, sous couvert d’une traversée laborieuse, brutale et intense. Cette partition révèle aux quatre personnages leur légitimité. Exister face au monde, face aux codes qui nous ont pétris, face aux étiquettes dans lesquelles on se campe, c’est là, notre recherche.
« La place », « la mort », ne cessent de ponctuer ce tableau familial où le temps qui passe nous rappelle nos vies factices et nos combats qui s’y opposent. »
Aude Le Jeune, Clémence Solignac et Charles Lemâle